Coordination régionale des retraités et personnes âgées d’Ile de France

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Ehpad : la Crise

Date de la publication : 7 février 2022

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Être aimé dans les Ehpad

 

Avec son livre « Les Fossoyeurs », Victor Castanet fait scandale, quand il serait hypocrite de dire que l’on ignorait tout de l’état des EHPAD, un fait déjà rapporté à diverses reprises.
En comparaison, imaginons une telle situation dans le secteur du handicap, il y aurait longtemps que les associations de personnes handicapées, fortes de leur organisation et pouvoir de lobbying, auraient dénoncé le scandale et fait pression pour que les choses changent. De plus, elles auraient vraisemblablement obtenu au moins partiellement satisfaction. Alors, ces récentes «révélations» suscitent un certain nombre de réflexions, nous n’en retiendrons ici que quatre qui ne résument pas à elles seules le problème.

  • D’abord, et sans aucun doute, elles mettent en évidence :

L’âpreté au gain des grands groupes commerciaux, dont l’intérêt premier est la distribution des dividendes au détriment de la santé, la dignité et le bien être des personnes en situation de grande vulnérabilité. Leur attitude est condamnable et doit être dénoncée et sanctionnée.

  • Être aimé dans les Ehpad

On ne peut exonérer les pouvoirs publics qui derrière des discours lénifiants sur la place des anciens dans notre société et en dépit de la multiplication des rapports demandés, discutés et publiés sur cette question, ont fait preuve, dans les faits d’une grande indifférence, vis-à-vis de la dépendance et du grand âge, repoussant d’année en année, et, encore récemment, la loi grand âge, qui aurait pu être l’occasion d’un large débat sur ces structures.

On peut aussi pointer l’insuffisance des contrôles opérés sur le fonctionnement et les pratiques de ces établissements. La situation actuelle contraint les autorités administratives à renforcer encore les modes d’évaluation qui viennent d’être révisés et à veiller avec la plus grande attention aux habilitations accordées.

  • Le quatrième élément concerne les Conseils de vie sociale – CVS.

Ce qui se passe aujourd’hui montre à l’évidence qu’ils sont, par leur composition et leurs droits limités leur étant accordés dans les contrôles du fonctionnement des établissements, incapables d’assurer une défense efficace des résidents. On ne les a pas vus s’exprimer dans les établissements concernés de la même façon qu’ils ont été totalement marginalisés pendant la crise COVID qui a tant affecté les EHPAD. Une réforme de ces conseils est de plus en plus impérative.

Bien évidemment, tous les établissements ne sont pas maltraitants et n’imposent pas à leurs résidents de telles conditions de vie. Ils sont même nombreux à tenter d’assurer au mieux, et avec les personnels dévoués dont ils disposent, des conditions respectueuses et attentives. Ils sont naturellement touchés par la campagne de dénigrement en cours et doivent estimer qu’elle est injuste car elle est globale.

Il n’empêche qu’une enquête en profondeur doit être menée afin que les personnes qui peuplent nos EHPAD puissent être traitées le plus humainement possible. On le leur doit !

Mais, il ne faut pas s’y tromper, la question posée aujourd’hui dépasse les EHPAD et les mauvais traitements que certains d’entre eux imposent à des personnes en grande fragilité.

Face à ces problèmes la société doit s’interroger et se prononcer clairement sur la place qu’elle est prête à accorder à ces populations qui la plupart du temps sont muettes et invisibles.

Marie GEOFFROY

Secrétaire Générale de la Corerpa,